Une canicule ne fait pas forcément fondre les calories comme neige au soleil. Le lien entre chaleur, dépense énergétique et perte de poids n’obéit pas à la logique que l’on imagine. On se sent vidé après une journée sous 35 °C, persuadé que notre organisme a carburé pour rester au frais. Mais la réalité s’invite, bien plus nuancée qu’on ne le croit.
La chaleur fait-elle vraiment grimper la dépense calorique ?
Le corps humain a mis au point des astuces d’une redoutable efficacité pour que sa température reste autour de 37 °C. Quand le mercure s’affole, la transpiration s’emballe, le rythme cardiaque prend de la vitesse : tout cela, oui, coûte un peu d’énergie. Pourtant, cette dépense supplémentaire reste modérée. Ralph Waldo, dans ses analyses pour SheFinds, l’écrit noir sur blanc : l’effet est réel, mais bien plus léger qu’on l’imagine.
Jacques Fricker, nutritionniste à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, enfonce le clou dans Sciences et Avenir : beaucoup surestiment l’impact calorique de la chaleur. Sur la balance, la fonte rapide observée lors d’un épisode caniculaire doit bien plus à la perte d’eau qu’à une véritable combustion des réserves de graisses.
Pour y voir plus clair, résumons les points clés à retenir sur l’effet de la chaleur :
- Transpiration : le corps transpire davantage pour maintenir sa température.
- Rythme cardiaque : il accélère, entraînant une très légère hausse de la dépense énergétique.
- Perte d’eau : c’est elle qui explique l’amincissement rapide, bien plus qu’une perte de graisse réelle.
La canicule aide-t-elle vraiment à perdre du poids en brûlant plus de calories ? L’idée circule, mais elle ne tient pas la route sans une alimentation adaptée et une activité physique régulière. La dépense énergétique supplémentaire liée à la chaleur ne suffit jamais à provoquer un changement visible à elle seule.
Chaleur, appétit et alimentation : ce que le corps réclame
Quand la température grimpe, l’appétit s’efface souvent. Les plats copieux laissent place à la légèreté : le corps réclame autre chose. On observe alors un attrait marqué pour les aliments hydratants et simples à digérer, comme les fruits et légumes, qui remplissent aussi les besoins en eau. Les repas deviennent plus fractionnés, étalés sur la journée, pour éviter la sensation de lourdeur. L’organisme s’adapte ainsi à la chaleur en modulant ses signaux de faim et ses choix alimentaires.
Voici les types d’aliments qui ont tendance à s’imposer durant les périodes chaudes :
- Fruits et légumes : leur forte teneur en eau et en nutriments joue un rôle clé dans l’hydratation et le confort digestif.
- Protéines : leur digestion mobilise plus d’énergie, ce qui explique une consommation souvent réduite par forte chaleur.
- Aliments légers et riches en eau : ils s’assimilent facilement et aident à compenser les pertes hydriques.
La soif, elle, se fait pressante. Boire plus devient un réflexe, indispensable pour compenser ce que la sueur emporte. Jacques Fricker insiste sur l’ajustement alimentaire : consommer des produits frais, riches en minéraux et en eau, reste la meilleure manière d’aider le métabolisme à traverser les épisodes de chaleur.
Sport sous le soleil : quels bénéfices, quels dangers ?
S’entraîner alors que le thermomètre explose peut avoir des effets contrastés. Du côté des bénéfices, la chaleur force le corps à redoubler d’efforts pour se refroidir, ce qui augmente la thermogenèse et, dans une certaine mesure, la dépense calorique. Ralph Waldo, dans SheFinds, rappelle cependant que cet effet, bien que réel, ne doit pas nourrir des attentes démesurées.
Des activités telles que la course à pied accentuent la perte d’eau et de minéraux par la sueur : il faut alors surveiller son hydratation de près. Côté renforcement musculaire, les exercices courts et intenses comme les circuits de squats, pompes, fentes ou abdominaux permettent de solliciter l’ensemble du corps sans s’exposer trop longtemps à la chaleur. Quelques exemples d’exercices recommandés dans ce contexte :
- Squats : ils font travailler les jambes et participent à l’augmentation de la dépense calorique.
- Pompes : elles sollicitent le haut du corps et renforcent les muscles.
- Fentes : idéales pour cibler cuisses et fessiers tout en favorisant la dépense énergétique.
- Abdominaux : ils renforcent la sangle abdominale et participent au maintien d’un bon métabolisme.
Mais il y a un revers : la chaleur peut épuiser rapidement et faire grimper la fréquence cardiaque à des niveaux inhabituellement élevés. Les coups de chaud guettent ceux qui négligent l’hydratation ou ne prêtent pas attention aux signaux d’alerte. Le nutritionniste Jacques Fricker rappelle la priorité : rester hydraté avant, pendant et après l’effort, pour éviter les incidents.
Limiter les risques : comment s’entraîner sans danger quand il fait chaud ?
Pratiquer une activité physique sous la chaleur implique de respecter quelques règles de bon sens pour limiter les risques :
Hydratation : il est indispensable de boire régulièrement avant, pendant et après les séances, en privilégiant parfois des boissons riches en électrolytes pour compenser les pertes de minéraux.Choix des horaires : mieux vaut s’entraîner tôt le matin ou après le coucher du soleil, loin des heures les plus chaudes, et éviter l’exposition directe entre 11 h et 17 h.Équipement : privilégier des vêtements amples, légers et clairs, assortis d’un chapeau et de lunettes de soleil. Un ventilateur portable peut également rendre l’exercice plus supportable en favorisant l’évaporation de la sueur.Surveillance des symptômes : rester attentif aux premiers signes de malaise, étourdissements, nausées, sueur abondante ou crampes, doit conduire à interrompre immédiatement la séance et à se réhydrater.
Pour aller plus loin, voici deux recommandations concrètes pour s’adapter à son environnement et à son état physique :
- Écouter son corps : ajuster l’intensité des séances en fonction de sa forme du jour et ne pas hésiter à réduire l’effort si la fatigue ou la surchauffe se fait sentir.
- Environnement : privilégier les espaces ombragés ou ventilés, et éviter les surfaces qui accumulent la chaleur comme le béton ou l’asphalte.
En respectant ces quelques principes, l’activité physique reste possible même sous un soleil de plomb. L’été ne doit pas sonner la pause, mais invite simplement à apprivoiser différemment le rapport à l’effort et à l’alimentation. Rester attentif à soi, c’est la meilleure façon de profiter de la belle saison sans y laisser des plumes.


